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Nouveaux monstres

Ce week-end, il ne faisait pas forcément super beau à Lille (juste au moment où j'ai cru croiser un ancien collègue - que je n'ai pas salué car je n'ai pas réussi à déterminer si c'était bien l'alsacien breton - aux abords du zoo de Lille, un petit crachin s'est mis à m'humidifer la nuque). Donc, je suis allé voir avec les enfants l'exposition Nouveaux monstres. Comme à chaque fois, il y avait des oeuvres bien dans le ton, et d'autres beaucoup plus abstraites.
J'ai en particulier été impressioné par
  • Hysterical machines, que je crois avoir déja vu lors de Lille 2004, dans une exposition sur les robots. A moins que ça ne soit lors d'une autre de ces manifestations culturelles ... Ou alors c'était en feuilletant l'un des albums photos des utopiales 2006 ...
  • Shadow Monsters, qui décore notre humanité d'éléments monstrueux. Celle-là m'a impressioné par l'intégration entre la vidéo, la reconnaissance de forme et la décoration qui en est faite.
  • Dans la tête du monstre, c'est principalement mes enfants qui ont aimé, mais c'était quand même assez chouette.
  • Akousmaflore n'avait à mon sens que peu de rapport avec le monstre, mais était en tout cas une très poétique installation, où notre façon de toucher les plantes crée de la musique.
En tout cas, ça vaut vraiment le coup d'aller faire un tour à St-Sauveur.

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autopublicité dérisoire

Depuis des années, je lis de la SF.
Et depuis des années, je partage mes lectures. 
Au début, c'étais sur http://groups.google.fr/group/fr.rec.arts.sf/topicsfras. Et, avec la déliquescence de usenet, la fréquentation sur fras a décliné. Lopngtemps, je me suis demandé en arrière-plan où pourrais-je aller balancer mes chroniques mal écrites. On m'avait proposé un moment de collaborer à noosfere. Hélas, l'exigence (que je salue) de mes correcteurs était trop haute pour le temps dont je disposais.
Je me suis aussi demandé si je n'allais pas simplement migrer vers l'un des multiples forums web de SF, mais je suis définitivement un dinosaure, adepte passioné de la clarté d'usenet. Donc, je n'ai jamais migré.
Et puis, il y a deux semaines, j'ai reçu une proposition de participation à murmures.
Personne ne me demande d'améliorer ma prose.
Personne ne semble même me lire.
Mais c'est pas grave : mes chroniques ont une visibilité bien supérieur à ce que fras et goodreads peuvent leur offrir, et c'est tout ce qui compte.
Bon, il y a sans doute une bonne dose d'égotisme à cette façon de rendre mes écrits visibles, mais est-ce si important ?

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Dazibao numérique

C'est vraiment une drôle d'idée, à laquelle je ne risque pas de souscrire (j'ai beaucoup trop d'ego pour m('oublier dans un collectivisme comme celui-là).
Néanmoins, je suis suffisement intrigué par ce truc pour vous en parler.
En effet, par certains aspects (les meilleurs, en fait), ça me rappelle twitter ou jaiku. On y retrouve la même instantanéité, le même besoin d'identité, mais cette fois sans son corollaire : l'estime de soi. Parce que bon, sur ce mur, les messages sont par définition anonymes, il n'est du coup pas possible d'y vendre son identité numérique. C'est peut-être la limite du gadget.
Et encore, je n'en suis pas sûr. Parce qu'à l'instar des stratégies obliques de Brian Eno, ce truc peut donner une bonne idée d'une espèce de zeitgest : un esprit du moment qui évoluerait sans doute assez vite, serait un charabia digne de Babel, mais aurait toujours la capacité de contenir éventuellement quelque chose de l'instant présent.
Bref, ça me rend dubitatif ...

via LiLeLa de Marc le 07/03/09

Logo de Wall of Freedom

Ce n’est pas tous les jours que je fais de la pub pour ma pomme. J’en fais même tellement-rarement-si-peu qu’un de ces quatre, je finirai la gueule ouverte, édentée, en plein soleil de midi. Alors allons-y, lâchons-nous et plaçons ce jour sous le signe de la liberté… d’expression.

Si vous êtes amateur de Fesse-Bouc, vous n’êtes pas sans savoir qu’un débat fait rage, ces temps, au sujet de la conservation ad aeternam des données déposées par les utilisateurs du « réseau social ». Données potentiellement utilisables à des fins publicitaires — entre autres. La thésaurisation des vies privées est à ce point préoccupante que de nouvelles entreprises ont vu le jour, qui se spécialisent dans l’effacement, à la demande, de vos informations personnelles naviguant sur la Toile. En effet, si vous être bon vivant à vingt ans et que vous passez vos soirées de célibat la tête enfouie entre mamelles et chopines, il y a fort à parier qu’à la trentaine sonnante, vous redoutiez qu’un responsable des « ressources humaines » mette le grappin sur la photo du vomi que vous aviez négligemment déposé dans le caniveau, dix ans plus tôt.

Facebook n’est en aucun cas une exception, et la très grande majorité des sites dominant le Web 2.0 (j’entends par là l’Internet participatif) requièrent une identification, et cela avant tout pour des questions de sécurité. Du coup, la liberté d’expression qu’offre la Toile n’a pas grand’chose à voir avec le secret des scrutins, pierre angulaire de la démocratie. Alors, me direz-vous, comment s’exprimer librement — et anonymement — sur le Web ? En usant de bonnes vieilles recettes… chinoises.

En 1978, deux ans après la mort du Grand timonier, les citoyens de Chine populaire furent autorisés à exprimer leurs critiques à l’encontre du régime ; fleurirent alors les fameux dazibao, affichettes rédigées à la main où plus d’un laissèrent libre cours à leurs critiques du pouvoir. Renaissance d’une pratique déjà en vigueur en Chine impériale, cette tribune libre se matérialisa en un monument aujourd’hui célèbre : le Mur de la démocratie. En plein cœur du quartier de Xidan, à Pékin, il permettait à tout un chacun de s’exprimer librement. Même si l’affichage fut par la suite interdit sur ce mur, même si aujourd’hui une telle pratique n’a plus raison d’être (d’autres murs, cybernétiques cette fois, font très bien l’affaire), son rôle fut tout sauf négligeable dans ce qu’on appela « Le Printemps de Pékin ».

Les inquiétantes dérives catalogantes de Facebook m’ont donné envie de pallier le manque de lieu d’expression libre sur le Web. Je me suis donc inspiré de l’ancien modèle chinois pour créer à mon tour un mur où écrire anonymement ses joies, ses peines, ses soucis et ses craintes. Son petit nom : Wall of Freedom. Ce site, à l’interface sobrissime, offre la possibilité de publier deux fois par jour (ou plutôt  : toutes les douze heures) un message de quatre-vingts caractères (en quelque langue que ce soit, chinois compris). Libre à chacune et chacun d’en faire bon usage. L’avenir nous dira si une telle initiative répondait — ou non — à un besoin réel de liberté parmi le petit peuple de la Toile…

Wall of Freedom, c’est ici. Bonne liberté.

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dix ans déja ?

Je connais Yann Minh depuis une dizaine d'année. Et depuis ce temps-là, ça m'a toujours semblé être un mec deux sièges devant dans la route vers l'avenir.

Pourtant, d''une manière curieuse, j'ai l'impression d'avoir entendu parler de la noosphere, des noonautes il y a à peine deux jours.

Et quand je vois ce site sur la fête des dix ans, ça fait drôle, quand même.

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